Histoire des techniques et vieux cartons

TREVITHICK 1771-1833, 200 ans de sa locomotive 1804/2004, 1ère locomotive dans le monde

MG mars 2004

Quelques membres de l'association, ayant participé aux 150 ans des Chemins de fer hollandais en juillet 1989 doivent se souvenir de cette étrange locomotive, évoluant dans l'enceinte de l'exposition à côté de la ''De Arend'', première locomotive hollandaise de 1839, sur une voie où évoluait un prototype d'un locotracteur télécommandé, et qui, malheureusement, échappant aux ordres de son pilote, poussa cette machine, la faisait dérailler, occasionnant une rupture d'essieu, immobilisant cette machine pour le restant de l'exposition.
Et bien, cette machine était la reproduction de la locomotive de Trevithick. Mais parlons d'abords de l'homme et de son aventure.
Il est né le 13 avril 1771 à ILLOGAN près de Camborne. Il avait un caractère plein d'énergie, d'optimisme. Inventant, plus intuitif qu'instruit, il voyait d'avance ses idées réalisées, mais de son vivant, malgré les profils énormes qu'il procura à l'industrie minière de son pays, il ne sut rien amasser, et fut souvent sans un penny.
A partir de 1797, il construisit, avec son cousin Andrew Vivian, des voitures à vapeur, et en 1802, ils prirent le brevet pour la haute pression, et en même temps ils réalisent 2 machines routières, dont la 1ère a été reconstituée, et sur laquelle j'ai eu la joie de monter dedans.
Entre 1803 et 1808, il expérimente les trois premières locomotives, tout en continuant la construction de machines fixes et chaudières.
Il s'occupe aussi de bateaux et dragues à vapeur, d'hélices propulsives, de pompes, de machines soufflantes, de navires en fer, et du tunnel sous la Tamise.
De 1816à 1827, il part pour l'Amérique centrale et du sud où il exerça une activité d'ingénieur.
Totalement ruiné, il revient en Angleterre où il s'éteindra le 22 avril 1833 à Dartford dans le Kent.

La locomotive de 1804.

Cette locomotive est la première de l'histoire des chemins de fer, et présentait la particularité d'être conduite par un homme marchant au pas à ses cotés. Elle répondait à un défi que lança Samuel Homfray, propriétaire des fonderies de Penydarens, ayant des produits lourds à transporter
La première locomotive réelle a été faite pour remorquer les wagons chargés de métal, sur une ligne de 9 milles¾ reliant les forges de Penydarran à Abercynon sur le canal du Clamergamhir. Cette machine roula pour la 1ère fois le 13 février 1804, et fit son premier voyage le 21 avril.
C'était une chaudière de Trevithick à tube en retour. Le cylindre, horizontal, inclus dans la chaudière, son piston actionnant par l'intermédiaire d'une bielle un lourd volant extérieur qui maintenait le mouvement lors des passages aux points morts. Sur ce volant engrenait un pignon commandant les deux roues gauches : celles de droite étant libres.
Ces roues étaient sans boudin, pour rouler sur un «tram-road»? à rebord intérieur.
Dans un écrit du 14 février à son ami Giddy, Trevithick racontât cet événement : "Nous avons accompli notre voyage, nous avons traîné dix tonnes de fer, cinq wagons et 70 hommes montés sur ceux-ci pendant le trajet. C'est environ 9 milles que nous avons couvert en 4 h. 5 min, mais nous avons dû abattre quelques arbres et déplacer plusieurs rochers. La machine a marché à environ 5 milles à l'heure; on n'a pas ajouté de l'eau dans la chaudière durant le voyage, le charbon consommé a été de 2 cwt. Pendant notre retour, à environ 4 miles du Port de Fer, un des boulons qui fixaient l'axe (?) à la chaudière a cassé et a laissé échapper toute l'eau de la chaudière, ce qui a empêcher la machine de rentrer".

Le compte-rendu paru dans le journal Cambriau du 24 février 1804 donnait cette clairvoyante conclusion «Il n'est pas douteux que le nombre de chevaux soit très réduit dans le royaume, et que l'engin qui est entre les mains de ses propriétaires pourra être utilisé dans mille circonstances que l'on n'a pas encore envisagées pour une machine».
Ce trajet fût répété plusieurs fois, mais sous le poids de la machine, de nombreux rails furent brisés.

Un certain flou règne sur l'aspect de cette machine, mais d'après son fils elle aurait l'aspect du dessin ci-dessous, correspondant au dessin conservé au Science Muséum de Londres.

trev1.jpg (66805 octets) A l'occasion des 150 ans des chemins de fer néerlandais, la reproduction de la locomotive de Trevithick évolue sur les voies de démonstration. 
Photo Gaston Monnier juillet 1989.

En fait, Trevithick aurait construit 3 locomotives. celle-ci serait la deuxième. La première ne donnant pas satisfaction serait, selon une légende, enterrée dans un dépôt de déblais.
Quant à la troisième, elle fût construite par Rastrick en 1808; une petite machine à 4 roues, cylindre vertical plongeant dans le foyer, et relié par une bielle en retour sur les roues arrières. Pour augmenter le tirage, l'échappement se faisait dans la cheminée.

Amenée à Londres, cette machine baptisée du nom de Catch me who can, fut installée à Euston Square, sur une voie circulaire dans un enclos ou le public fut admis à  partir du 19 juillet 1808 moyennant 5 shillings. Pour 1 shilling de plus, on pouvait monter dans la voiture que la locomotive tirait.
Des courses entre la locomotive et des chevaux furent  organisées, les journaux de l'époque relatent les faits.
Après plusieurs semaines de démonstration, à la suite de la rupture d'un rail, la locomotive sortit de la voie et versa.
Trévithick, à bout de ressources arrêta les expériences, et ne pris plus part au développement du chemin de fer.

Voici résumé en quelques lignes, la vie d'un grand génie à qui le chemin de fer doit beaucoup, et espérons que malgré cette crise économique, quelques cérémonies commémoratives seront organisées par quelques associations dans le Royaume Uni. MG mars 2004.

 

 

D'autres informations sur le sujet :

Retour